Sidobre terre de légende

Aiguebelle & le Merle

AIGUEBELLE

 

Au début du 20ème siècle, Aiguebelle était une ferme isolée, au bord de la petite route qui va du Masnau au lac du Merle, une prairie paisible entourée de collines parsemées de rocs, dans le vallon où le ruisseau du même nom prend sa source. A l'heure actuelle, tel un bombardement, les carrières ont détruit le charme de ce hameau.

Sur ce pioch figuraient 5 rochers tremblants (répertoriés dans le guide de 1951) dont "le Béret".

 

Sans doute hors de la parcelle d'exploitation, "le Roc Redoun" situé un peu plus haut a été épargné. En effet, à 3 mètres à peine du rocher, la faille d'exploitation d'une dizaine de mètre de haut tranche sec avec le profil du talus... 

Redoun, signifiant rond, cette appelation est discutable car ce rocher évoque plutôt un brodequin reposant sur sa tige, alors que d'autres rochers plus ronds sont si nombreux sur le plateau. Il ne paraît rond que d'un seul côté...Il a la particularité sur les cartes d'état major parce qu'il s'agit d'un point géodésique, mais il l'est sous le nom du "rocher du Verdier". Encore une énigme...

Si nos anciens revenaient, ils ne reconnaitraient pas ce paysage mais surtout croiraient-ils encore à la légende de ce rocher ?

 

" A Aiguebelle, les sorcières se réunissaient...

Un berger, franc buveur et fanfaron, avait, un dimanche, jour du Seigneur et de ses vignes, vidé forces chopines à l'auberge de la Glévade. Un plaisantin, le voyant prêt aux décisions téméraires suggéra : "J'offre 3 pintes à celui qui osera monter au Pioch d'Aiguebelle avec un tison enflammé et un chat dans son sac". "Tenu", s'écria l'ivrogne. Suivi à distance avec les rieurs, il s'engagea sur le sentier et arrivé au pied du Roc Redoun : "Diaplé, appela-t-il, t'esperi per buda uno pinto" (Diable, je t'attends pour vider une pinte). Aussitôt, un monstre, une bête encornée sauta de sur la pierre et dit : " Tu as bien fait de venir ici avec mon père le feu et mon cousin le chat proféra le démon. Soudain dégrisé, le berger n'écouta pas la suite. Il se mit à courir, passa en trombe devant ses amis. Et il ne s'enivra plus jamais".

 

Entre le roc Redoun et le hameau de Sionac se trouve une des rares surfaces agricoles du Sidobre. Celle ci recèle quelques rochers tremblants et curieux tels que la "Truie" et "l'Esclop" (sabot).

A l'est de Sionac, se trouve aussi le roc tremblant du même nom, superbe boule posée sur une assise surélevée.

Ce secteur du Sidobre a payé un lourd tribut aux ouvertures de carrières qui ont transformé le paysage en décor de cataclysme. Bien sûr, il faut bien que l'industrie locale vive mais d'autres régions exploitant aussi la pierre l'ont fait "plus proprement".

LE MERLE

 

Remontons donc vers la D 30. Non loin de Feuillebois, elle est traversée par le Lignon. C'est là que démarre une des plus belles rivières de rochers du plateau, "le chaos de Feuillebois". Accessible facilement car proche de la route ce chaos cache des marmites creusées, des rocs tremblants dont celui de la Resse. Il a la forme d'une boule coupée en deux et tremble avec une grande facilité. 

Dans le bois du Merle se trouve l'un des 2 menhirs authentiques connus dans le Sidobre. Celui-ci présente une face plate et l'autre arrondie. D'une hauteur de 1.50 m, il est légèrement incliné.

 

En amont de la ferme du Merle, se trouve un des sites majeurs du Sidobre : "le Lac du Merle". Entouré de bouleaux, d'hêtres et d'épicéas, parsemé de nénuphars, il donne une touche d'été indien au Sidobre procurant un refuge de fraîcheur aux castrais harcelés par le souffle chaud de l'Autan dans la plaine.

 

Le barrage du Merle fut construit en 1875 par Jean-Louis COMBES, industriel à Burlats et député du Tarn, afin d'agrémenter son domaine. La vieille digue fissurée laissait passer l'eau. On décida alors de consolider la digue en 1972 pour pouvoir maintenir le niveau de l'eau, plus particulièrement en été.

 

"Si vous venez ici au printemps, au petit matin, vous comprendrez pourquoi ce site a reçu un tel nom car, alors que le jour se lève, de nombreux merles y donnent leurs prodigieux concerts." Georges TERRAIL

 

De l'autre côté du lac, hêtres et épicéas centenaires forment un splendide sous-bois.

 

Non loin du lac, près de l'entreprise Gabaude sur la rive gauche du Lignon, se cache une agglomération qui supporte trois rochers.  L'ensemble fait 7m de hauteur. Deux d'entre eux, atteignent 13 m de tout environ. Ce sont les jumeaux Gabaude qui peuvent être mis en mouvement. Ils ont été nommés ainsi pour honorer Germain GABAUDE, propriétaire des lieux, alors maire de Burlats et président actif de l'association des "Amis du Sidobre".



16/04/2012
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