Sidobre terre de légende

le plateau du Désert

 

Le plateau du Désert

 

 

 

Amateurs de curiosités qui sortent de l’ordinaire, surtout ne vous fiez pas à l’appellation !

 En effet, ce secteur du Sidobre n’est sûrement pas un désert sans rochers, c’en est même une

 Constellation !

  

Alors pourquoi ce nom ?

  

Autrefois, le plateau du "Désert" était une croupe sauvage et aride. Il était alors peu boisé car les troupeaux des lieux dits alentours tondaient tout naturellement le terrain. Depuis les années 50, les troupeaux ont disparu. Alors, la végétation reprit ses droits, rendant difficile l’accès aux curiosités. Dans la rubrique photos correspondantes, vous verrez à travers des clichés pris au même endroit à 40 ans d’intervalle, l’évolution notable du paysage.

  

Mais ne boudons pas notre plaisir car nous sommes devant l’une des zones du Sidobre vierge de toute exploitation. Chaque saison en donne un aspect différent. L’hiver et son ciel bas rend ce lieu étrange et mystique. La végétation moindre à ce moment permet de rendre visite aux curiosités les plus reculées du plateau. Le printemps et l’été donnent au granit un éclat plus lumineux et aussi la sensation d’être au frais, en particulier vers les Trois fromages ou les roches décalées. Bien après celui du 14 juillet, l’automne provoque un vrai feu d’artifice en Sidobre, période où le gris semble tout à coup minoritaire.

   

Pour varier les plaisirs, on peut aussi parcourir les sentiers dans le sens inverse du balisage. Ainsi, l’on trouvera un angle différent pour immortaliser les curiosités.

  

Cet endroit, de par les sensations olfactives et visuelles qu’il procure, donne le sentiment d’être tout à coup dans un autre univers. Personnellement, je trouve ce lieu idéal pour me vider l’esprit.



Sans plus attendre, je vous propose de démarrer ce circuit par le coq (oh pardon, l'oie) de

Crémaussel.
Il n'est pas arrivé là par hasard, la légende ci-dessous en atteste :


" Dal temps qué las bestios parlavons"...(au temps où les bêtes parlaient)...ainsi commençait la vieille Marie de la Fusarié, connue dans le pays sous le nom de la Toupine.
Au temps où des animaux monstrueux obéissaient à des génies aussi puissants qu'autoritaires, une oie avait reçu de son maître, un enchanteur, l'autorisation de sortir la nuit pour couver son oeuf unique, sur le bord de la falaise, au-dessus de la combe où passa beaucoup plus tard le chemin de la Fusarié à Crémaussel. Mais les pires châtiments lui étaient promis si elle n'avait pas regagné la balme où s'abritait son maître avant que ne pointât le soleil.
Elle s'oublia un matin. L'astre était déjà haut lorsqu'elle s'éveilla. Elle volait lourdement de rocher en rocher. Son maître courroucé, apparut et pour la punir, la pétrifia ainsi que l'oeuf qui tremble sur son socle et jamais n'éclora".

 

"Aux équinoxes, par nuit de grand Autan et de pleine lune, on entend ses sourd frémissements" (Jean CROS).

Et maintenant, dans quel sens voulez-vous continuer ce circuit ?

A l’ouest du Roc de l’Oie

 

Au vu de la carte ci-dessus, seule la partie Nord et Est du Désert est balisée. Pour le reste, le reste des curiosités est envahi par la végétation. Celle-ci étant moins luxuriante en hiver, profitons-en pour nous engager dans la partie abandonnée du sentier.

L’amorce de ce dernier se trouve à la gauche du roc de l’Oie où son postérieur pointe la juste direction. Après avoir fait environ 50 m, voici le Rocher Tremblant de l’Oie, roc cassé de forme ovoïde porté par un socle.

 

Un peu plus loin (150 m), c’est encore un autre rocher tremblant, certes peu imposant mais au ballant certain. C’est le RT Etienne GRILLOU. Il s’agit d’un des animateurs de l’association des amis du Sidobre de 1949 à 1959 ancien président de la fédération des sociétés intellectuelles du Tarn. Il édita en 1958 un ouvrage " Sidobre " qui retraça l’histoire du massif granitique.

 

Puisque nous venons d’évoquer une des figures du Sidobre, en voici deux ! Sur une muraille rocheuse, l’érosion a sculpté grossièrement deux faces : les Figures. Les traits de celle-ci ressortent plus ou moins en fonction de l’orientation du soleil.

Juste après, à main droite, se trouvent les Champignons. L’un de deux a néanmoins une forme plus évocatrice, bénéficiant d’un remarquable équilibre. Notons que leur chair reste aussi ferme que le foie du Roc de l’Oie. Sans doute ont-il été pétrifiés en même temps ?

 

Vous constaterez que cela valait la peine de slalomer entre massifs de houx et autres arbustes pour découvrir ces curiosités. Pour autant, j’espère que vous êtes encore en forme car nous ne venons de voir que le tiers des curiosités qui comptent dans ce secteur.

Par ailleurs, voici un lien vers des sentiers qui sillonnent ce secteur :


http://www.burlats.net/loisirs/randonnees/r1.htm

 

Précisons également que je borne à nommer des curiosités "officielles" mais les esprits imaginatifs peut se trouver leurs propres cailloux. Et dans ce secteur, ce ne sont pas les possibilités qui manquent.

 

Les Trois Fromages

 

Revenons sur nos pas et rattrapons le roc de l’Oie, carrefour de ces curiosités. En prenant garde à ne pas se heurter à son postérieur, prenons le sentier qui s’engage dans la descente.

(itinéraire du GR 36)

Celle-ci va d’ailleurs crescendo mais ce n’est pas la peine de débouler pour autant.

En effet, il faudra bien la remonter pour achever notre circuit.

 

D’autant plus que cette portion est un enchantement : l’on évolue à travers un sous-bois parsemé de rocs. C’est également un festival de couleurs à l’automne. Si l’on s’écarte du chemin sur la droite, la vallée de l’Agoût et le pont de Bézergues se découvrent alors.

 

Continuons et nous voilà face aux "Trois Fromages" appelés autrefois les " les Trois Pains ". Bien qu’étant en apparence d’une superposition de 3 rochers, il s’agit en réalité –et encore !- d’un seul roc travaillé par l’érosion. Le monticule de branches qui y repose n’a pas d’ analogie avec les cailloux du sommet de la Peyro Clabado.

 

En continuant un peu plus bas, l’on rencontre le "Roc des Bénitiers". En effet, c’est un rocher criblé de marmites, d’où son nom. De son sommet, un panorama sur la vallée de l’Agoût s’offre à nous. A condition toutefois que la végétation fasse profil bas…

 

La partie Est du Désert

 

Remontons et rejoignons –une fois encore- le Roc de l’Oie. La remontée vers lui a été éprouvante et en été, cela nous assèche la gorge et la langue. Très justement, en reprenant le sentier qui part à la droite du Roc de l’Oie, se présente le "RT de la Langue".

 

Tout comme ce rocher, la dénivellation pour terminer ce circuit est bien plus plane. Condition

nécessaire pour jouer correctement au " Billard ". Justement, nous voilà face à un long rocher de 20 m de long sur lequel est posé une boule prête à rouler. Le nom de l’ensemble est alors tout trouvé : "le Billard".

 

Le climat dans lequel baigne cette contrée reste rude en hiver. Cela a t-il toujours été ainsi ? L’on peut en douter dans la mesure où "l’Eléphant" se présente à nous.

Près de lui se trouve un instrument perdu par un enchanteur de la légende, "l’Olifant".

(précisons toutefois qu’il n’est pas indiqué dans le circuit)

 

Il ne faut d’ailleurs pas le confondre avec le "Fauteuil du Diable" qui se trouve à peine plus loin. Leur seul point commun vient de l’érosion qui les a façonné d’une manière identique (une grande marmite creusée dans la partie basse).

 

En continuant dans la –légère- descente, nous tombons sur une balme imposante :

"La Balme de l’Empreinte". Elle comporte une salle à 6 issues au centre de laquelle repose une pierre plate en forme….d’empreinte. En desous d’elle, sur une dalle plate, un rocher tremblant fait le guet.

 

En suivant toujours le balisage jaune, une paroi verticale de 20 m de haute nous fait face à main gauche, voici le "Mur de la Mort".

 

Bien qu’à l’écart et non signalée sur le circuit, se cache près d’un chaos "la Balme de la Gleïzo". Certes, il y a nombre de balmes dans le Sidobre mais celle-ci a une place dans l’histoire. En effet, la messe y fut dite par des prêtres réfractaires en 1793. Comme dans les vieux cimetière, du buis trône à l’entrée. Tout est prêt pour l’exercice : Nous voilà dans une vaste salle rectangulaire. L’autel est là, tout comme le bénitier qui a été creusé par les suintements de la voûte. A l’arrière, se trouve une 2ème salle plus petite : la sacristie en quelque sorte !

 

Pour l’heure, restons sur le sentier qui nous ramène vers Crémaussel. A un moment donné sur un talus à droite, se dressent fièrement les "roches Décalées". Leur équilibre est d’ailleurs très surprenant, vu les blocs de taille irrégulière qui se chevauchent.

 

Envahi depuis par la végétation, l'on pouvait en partant de biais en face de ce rocher, ateindre un splendide panorama vers la vallée de l'Agoût, endroit où se trouve l'agglomération de l'Hyène ou nommé aussi "Gargouille". Je vois joins des photos "vintage" dans la rubrique Nord-Sidobre".

 

Voilà que ce circuit sillonnant le Désert est terminé. Regagnons à présent le hameau de Crémaussel pour nous rendre ensuite sur le secteur de la Fuzarié.



10/01/2012
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